A quoi reconnait-on une entreprise familiale ?

L'article "Ce qu'une entreprise familiale peut vous apprendre" du Trends du 6 décembre 2012 nous répercute un article de Nicolas Kachaner (Boston Consulting Group) et d'Alain Blosch (HEC Paris) sur les grandes entreprises familiales.
Cette étude concerne les grandes entreprises familiales, mais les résultats résonnent étonnamment bien avec notre expérience quotidienne des PME (Petite et Moyenne Entreprise) familiales.

Les différences de gestion sont notables et peuvent se résumer à "la prudence dans la gestion pour assurer la pérennité de l'entreprise".

C'est ainsi que les entreprises familiales et les PME ont des comportements de gestion marqués par :

  • La prudence lorsque la conjoncture est favorable pour ne pas être en danger lorsque la conjoncture se retourne;
  • Une grande exigence en terme d'investissements et toujours garder une marge de sécurité;
  • Une limitation du levier par endettement, surtout bancaires, car il risque de nous imposer des choix ou des partenaires indésirables en cas de difficultés;
  • Une diversification stratégique des activités pour ne pas dépendre d'un seul secteur;
  • Un développement par croissance interne ou par de petits rachats, éviter les rachats importants (prix d'achat élevés et difficultés d'intégration);
  • Un grand investissement dans son personnel : donner un sens au travail de chacun, éviter les licenciements expéditifs, privilégier les promotions internes, ... ce qui permet de garder son personnel plus longtemps.

 

Les résultats sont manifestes : moins de succès flamboyants lorsque la conjoncture est favorable mais une meilleure résistance lorsque la conjoncture se retourne.
L'inverse du comportement de certains managers de sociétés cotées en bourse. Ils se gorgent de succès acquis par une prise de risque souvent inconsidérée. De tels comportements ont été poussés à leur paroxysme récemment avec les grandes banques mais déjà en 2001 chez Vivendi Universal avec Jean-Marie-Messier (surnommé JM5: Jean-Marie-Messier-Moi-Maître-du-Monde).

Des bonus pour quelques-uns, une catastrophe pour la collectivité. 
Ah, si ces grandes banques avaient été gérées comme des entreprises familiales ... !