Une déduction fiscale pour l'achat en bourse est un appât pour des (futurs) pigeons

Steven Vanackere, Ministre des Finances CD&V, veut mobiliser l'épargne des Belges en direction du capital par une déduction fiscale pour l’achat d'actions en bourse.

Il ajoute le couplet fréquent qui sert d'alibi : "Il n'est pas du tout question ici des seules sociétés cotées en bourse, mais bien bel et bien des milliers de PME ...".

Pourtant il sait qu’un épargnant peut difficilement acheter des actions d'une SPRL ou d'une PME familiale.

Trends Tendances ne s'y trompe pas en titrant, dans son édition du 10 janvier 2013, "Quand Steven Vanackere prêche pour la bourse".
De son côté, le patron de la bourse de Bruxelles apprécie déjà les "déclarations courageuses" du Ministre en faveur de "ceux qui contribuent à l'économie réelle au travers de la Bourse".

La bourse est souvent glorifiée par ces personnes comme lieu de l'allocation optimale des ressources financières. Ces mêmes personnes "oublient" de dire que l'essentiel des transactions en bourse proviennent de la spéculation financière. A point de représenter, selon Philippe Maystadt et Françoise Minet-Dermine, cités en 2008 par La Libre, 90% des transactions financières.
Or cette spéculation financière ne peut exercer sa prédation que sur le dos d'autres "investisseurs". Comme les professionnels sont plus prudents et plus avertis, il est donc nécessaire que la bourse soit alimentée en argent frais par des personnes peu averties qui assumeront le rôle du mouton prêt à tondre.

De la chair à canon en quelque sorte. Mais, comme la crise de 2008 vient de décimer leurs rangs, on sort les beaux uniformes et on lance un appel aux volontaires. La plupart de ceux-ci vont monter en première ligne en chantant et en rêvant aux honneurs et au butin d'une piraterie qu'on leur annonce facile et gagnante pour tous ceux qui y participent.

Pas étonnant que le directeur de la bourse se réjouisse que le Ministre encourage le transfert de l'épargne vers la bourse avec la bénédiction et au frais de l'état.
Et les professionnels seront nombreux à proposer leurs bons conseils pour alimenter les rêves de fortune de ces futurs « pigeons".

Un chasseur vous dira que, « pour un tableau de chasse généreux, il faut nourrir et apaiser le gibier avant l'ouverture de la chasse ».


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